Objets connectés: solutions gadgets ou efficaces pour la santé?

Conférence donnée à l’occasion des Rencontres de l’innovation le 27 avril à Carcassonne.

Les objets numériques santé non implantables envahissent notre quotidien. Ils ne font pas partie de la catégorie des dispositifs médicaux. Podomètre interactif mesurant notre nombre de pas quotidien et nous incitant à en faire plus, application sur téléphone pour mieux gérer une maladie chronique, balance pèse-personne connectée, cigarette électronique pour arrêter de fumer, jeu vidéo santé («serious game»), pilulier électronique, gym mémoire sur tablette numérique, montre connectée de surveillance du rythme cardiaque, chaussure évaluant la dépense énergétique, bracelet électronique santé, réveil diffuseur d’ondes agissant sur le sommeil, lunette de suivi glycémique, patch… L’offre est pléthorique. Le marché est considérable (PIPAME, 2016).

Certains objets numériques visent à aider le diagnostic médical par des mesures biométriques et comportementales («quantified self» en anglais). D’autres visent à suivre un marqueur de santé (nombre de pas). D’autres enfin espèrent devenir de véritables solutions de prévention et/ou de soin, on parle alors d’interventions non médicamenteuses ou INM (HAS, 2011).

L’offre de ces produits s’étend chaque jour davantage. Leur usage peut être prescrit ou recommandé par des professionnels de santé ou de la prévention. Mais sont-ils vraiment sûrs? Sont-ils vraiment efficaces pour prévenir ou traiter un symptôme ou une maladie? Sont-ils vraiment adaptés aux besoins spécifiques de leur utilisateur (seniors, malades, enfants…)? Sont-ils vraiment utiles ou coûts/efficaces? Sont-ils vendus au juste prix? Sont-ils vecteurs d’accroissement ou de réduction des inégalités sociales? Ou, finalement, sont-ils juste des gadgets qui finiront au placard en quelques semaines comme tellement d’autres?

Un enjeu majeur est de pouvoir les évaluer scientifiquement et déterminer leur véritable valeur ajoutée au niveau de la santé et de la qualité de vie. Or, aujourd’hui, aucune procédure d’évaluation n’est admise de tous, comme c’est le cas pour la validation des médicaments. Les utilisateurs et les professionnels de santé sont livrés à eux-mêmes. Les fabricants ne savent pas quelle démarche de validation et de surveillance suivre. Les chercheurs s’opposent sur les meilleures modalités de protocole d’étude amont et aval. Les décideurs ne disposent pas d’outils réglementaires et juridiques autres que des normes de fabrication.

La conférence invite à poser un regard scientifique sur ces objets et encourage la mise en œuvre une véritable démarche de validation et de surveillance clinique pour améliorer les bénéfices pour les patients et les pratiques professionnelles. Le diaporama est en accès libre.

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